Les flux migratoires au début du 20e siècle

Fiche | Histoire

La politique d’immigration de Wilfrid Laurier suit la même logique que la Politique nationale mise en place par John A. Macdonald. Ainsi, le gouvernement fédéral de Laurier cherche à attirer les immigrants européens pour que ceux-ci choisissent l’Ouest canadien comme lieu d’établissement. En conséquence, plusieurs campagnes publicitaires sont mises en place dans des pays étrangers pour vendre l’option canadienne aux habitants souhaitant émigrer.

Photographie de Wilfrid Laurier.

Wilfrid Laurier est premier ministre du Canada de 1896 à 1911.

Source : Sir Wilfrid Laurier [Photographie], (s.a.), vers 1906, Bibliothèque et Archives Canada, (URL).[1]

Les premières vagues d’immigration

La vague d'immigration qu’espérait le gouvernement de Wilfrid Laurier se produit dès le début du 20e siècle. Effectivement, en 15 ans, 3 millions de personnes choisissent les terres de l’Ouest canadien pour y faire leur vie. Cette croissance démographique fulgurante dans ces régions, auparavant peu colonisées, implique la création de nouvelles provinces afin que les nouveaux arrivants puissent s’administrer et recevoir des services. Le gouvernement fédéral crée donc la Saskatchewan et l’Alberta en 1905.

Carte du Canada en 1905 avec la création de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Les origines ethniques des immigrants

À cause des campagnes publicitaires réalisées dans plusieurs pays européens et à travers le monde, les immigrants qui s’installent au Canada ont des origines ethniques assez diversifiées, certains parlant même une autre langue que l’anglais ou le français.

Doukhobors.

Des femmes Doukhobors

Certains immigrants, comme les Doukhobors qui immigrent massivement depuis la Russie vers la Saskatchewan, s’identifient à une culture très différente de celle des Canadiens.

Source : Vrouwen der Doukhobortzis [Image], 1887, Wikimedia Commons. (URL).[2]

Les deux tiers des immigrants proviennent néanmoins des États-Unis ou du Royaume-Uni, deux pays culturellement proches du Canada. Une autre portion des migrants sont originaires d’Europe de l’Est et d’Asie.

Les structures d’accueil

Pour être attirant, le gouvernement fédéral de Wilfrid Laurier met en place plusieurs stratégies pour convaincre de potentiels immigrants de choisir le Canada. Notamment, le gouvernement leur promet des terres gratuites afin que ceux-ci puissent se construire une maison ou une ferme plus rapidement. Le gouvernement ouvre aussi plusieurs bureaux d’immigration afin d’aider les nouveaux arrivants dans les procédures qui sont parfois compliquées.

Une affiche publicitaire.

Une affiche publicitaire incitant de potentiels immigrants à s’établir dans l’ouest du Canada

Source : Free Farms for the Million [Image], Gouvernement du Canada, vers 1890, Bibliothèque et Archives Canada, (URL).[3]

Le contrôle de l’immigration

Le gouvernement fédéral tient toutefois à sélectionner les nouveaux arrivants. Ainsi, ils mettent très peu de barrières aux Américains et aux Britanniques parce qu’ils parlent l'anglais et que de nombreux Canadiens ont des ancêtres issus de l’immigration de ces deux pays. Cependant, certains pays tels que l’Ukraine, la Russie et plus particulièrement les pays asiatiques sont soumis à plus de restrictions.

Des immigrants arrivant à Montréal.

Des immigrants arrivant à Montréal

Source : Immigrants arriving at Montreal [Carte postale], Valentine & Sons' Publishing Co., Ltd., 1910, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, (URL).[4]

La montée de la xénophobie

Définition

La xénophobie désigne l’hostilité envers les étrangers, c’est-à-dire des nouveaux arrivants dans un pays.

Les immigrants provenant d’autres pays que le Royaume-Uni et des États-Unis reçoivent un mauvais accueil de la part des Canadiens, qui sont même méfiants à l’endroit de certains de ces arrivants. Ces immigrants partagent une culture très différente de la leur : ils parlent d’autres langues, pratiquent d’autres religions, ne s’habillent pas de la même manière, etc. Cette méfiance mène à de nombreux cas de violence et de vandalisme sur des commerces appartenant à ces groupes ethniques dans l’Ouest canadien. En conséquence, le gouvernement canadien resserre les critères d’immigration.

Références

  1. (s.a.). (vers 1906). Sir Wilfrid Laurier [Photographie]. Bibliothèque et Archives Canada. (URL).
  2. (s.a.). (1887). Vrouwen der Doukhobortzis [Image]. Wikimedia Commons. (URL).
  3. Gouvernement du Canada. (vers 1890). Free Farms for the Million [Image]. Bibliothèque et Archives Canada. (URL).
  4. Valentine & Sons' Publishing Co., Ltd. (1910). Immigrants arriving at Montreal [Carte postale]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec. (URL).