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Civilisation indigène et urbanisation durant la Protohistoire en Languedoc-Roussillon

[article]

Année 1982 7 pp. 101-119
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Civilisation indigène et urbanisation durant la Protohistoire en Languedoc-Roussillon

La Protohistoire, méthode d’étude d'un milieu de type préhistorique sur la base de sources émanant de sociétés qui lui sont extérieures, permet de constater en Languedoc et en Roussillon la rencontre effective des civilisations indigènes traditionnelles et du monde méditerranéen classique : rencontre de types différents de sociétés, reposant sur des formes de production parfois contra¬ dictoires.

Les données historiques concernent pour l’essentiel les contacts qu’ont eus Grecs et Romains avec les populations autochtones. Ces relations furent rarement guerrières et brutales, mais touchèrent le plus souvent à l'économique et au politique ; néanmoins, elles ne furent jamais sans arrière-pensées dominatrices. Aussi certains des historiens de l'Antiquité qui ont écrit sur cette région ont-ils bien souvent adopté des points de vue partiaux : parlant de populations « barbares », ils ont procédé par approximation, amalgame, généralisation. D'où la nécessité d’user avec prudence des renseigne¬ ments ethnologiques qu'ils donnent sur la Protohistoire languedocienne, et de substituer parfois à ces topiques les connaissances réelles qu’apporte aujourd'hui la recherche archéologique.

Des sources écrites on retiendra d'abord quelques points de repère chronologiques, tels que la fondation de Marseille par les Phocéens (600 av. J.-C.), la fondation de la colonie romaine de Narbonne (118 av. J.-C.) ou la prise de Marseille par César (49 av. J.-C.). Pour la fin de la période considérée, les documents historiques apportent aussi des lumières sur les conditions militaires et administratives de l'organisation de la province de Narbonnaise, d’où découlera, à partir d’Auguste, un net changement de civilisation.

A part ces quelques dates, qui à vrai dire ne marquent pas de véritables ruptures dans l’évolution du milieu indigène, on ne peut se référer jusqu’à la conquête romaine à aucune chronologie des événements. On possède seulement, grâce à la stratigraphie comparée des gisements et aux études sur la typologie des mobiliers, une chronologie applicable aux données matérielles, qui permet de situer dans le temps les principales phases du développement des civilisations locales. D’un point de vue général, nous distinguerons ci-après deux périodes principales : celle des villages de pasteurs et d'agriculteurs du Premier Âge du Fer (de 700 à 450 environ av. J.-C.) et celle des communautés urbaines du Second Âge du Fer (de 450 à 120 environ av. J.-C.). Nous réserverons une place à part au Ier siècle av. J.-C., durant lequel les débuts de la romanisation entraînent de profonds change¬ ments économiques et politiques, mais qui voit aussi une certaine résistance des structures tradition¬ nelles jusqu’au règne d’Auguste.

Dans chacune de ces grandes périodes, il sera utile de saisir au fil du temps les permanences et les changements. Mais par delà ces schémas devolution interne, il sera aussi nécessaire de prêter attention dans le cadre de la région à ce qui rassemble et à ce qui divise à une même époque, soit à cause de conditions de vie dissemblables, soit sous l’impact d'apports extérieurs différents. Ainsi se superposera à l'évolution dans le temps un découpage de l'espace en deux zones bien marquées : le domaine ibérique du Languedoc occidental et du Roussillon, et le domaine rhodanien du Languedoc oriental, séparés par une zone-tampon qui s’étend de l'Hérault à la région de Montpellier. Encore

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